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Marché immobilier canadien 2026 : Tendances, villes et guide d'investissement

Marché immobilier canadien 2026 : Tendances, villes et guide d'investissement

Marché immobilier canadien 2026 : naviguer dans une reprise prudente

Le marché immobilier canadien en 2026 n'est pas le marché haussier triomphant qu'espéraient beaucoup — mais il est loin de s'effondrer. Façonné par des tensions commerciales persistantes avec les États-Unis, un ralentissement de l'immigration et une Banque du Canada maintenant ses taux stables, le paysage immobilier national s'apparente davantage à une reprise mesurée. Pour les acheteurs, les vendeurs et les investisseurs, comprendre les nuances régionales et les forces sous-jacentes à l'œuvre est indispensable pour prendre des décisions éclairées cette année.

Le portrait national : stabilisation après une longue remise à niveau

Le Canada a abordé 2026 sur une note hésitante. Le marché immobilier national a montré de premiers signes de stabilisation en février 2026, avec un prix moyen national atteignant 663 828 $ — en hausse de 1,7 % par rapport à janvier, bien qu'encore 0,2 % en dessous du niveau de février 2025. Par ailleurs, le prix de référence national a atteint 661 300 $ en février 2026, en hausse de 0,5 % par rapport à janvier — mettant fin à une baisse du prix de référence qui s'était étendue sur huit mois consécutifs, laissant entrevoir un possible plancher à l'approche du printemps.

Du côté des ventes, la reprise a été progressive. Le nombre de transactions enregistrées sur les systèmes MLS® canadiens a reculé de 1,3 % d'un mois à l'autre en février 2026, l'activité se maintenant aux niveaux modestes observés en janvier, même si des signes de regain se manifestaient vers la fin du mois. En perspective, quelque 494 512 propriétés résidentielles devraient être vendues via les systèmes MLS® canadiens en 2026, soit une hausse de 5,1 % par rapport à 2025.

Pour ce qui est des prix, les prévisions de l'ACI offrent un optimisme mesuré : le prix moyen national devrait progresser de 2,8 % sur une base annuelle pour atteindre 698 881 $ en 2026, avec des hausses plus modestes en C.-B., en Alberta, en Ontario et en Nouvelle-Écosse, et des gains plus marqués dans des provinces comme la Saskatchewan, le Québec et Terre-Neuve-et-Labrador.

Le contexte économique : vents contraires et incertitudes

L'immobilier n'évolue pas en vase clos, et l'environnement macroéconomique du Canada en 2026 est exigeant. La croissance économique du Canada devrait se limiter à 0,7 % en termes de PIB réel en 2026 — ce qui en ferait l'une des années les plus faibles depuis plusieurs décennies, hors période de récession. Si une récession ne constitue pas le scénario de base, l'incertitude géopolitique et économique persistante ne permet pas d'écarter ce risque.

L'économie canadienne fait face à une incertitude persistante en 2026, alors que les tarifs douaniers et les négociations de l'ACEUM pèsent sur la croissance, avec un ralentissement du PIB et une Banque du Canada qui devrait rester en mode attente tout au long de l'année. Les taux d'intérêt sont donc perçus comme un facteur neutre pour les perspectives immobilières en 2026, sans grands mouvements attendus sur les rendements obligataires qui influencent les taux hypothécaires fixes.

« 2026 devrait ultimement rester l'histoire d'une demande refoulée de premiers acheteurs qui voient enfin une occasion d'entrer sur le marché. » — Shaun Cathcart, économiste principal de l'ACI

Analyse ville par ville : les gagnants et les retardataires

Ontario : le maillon faible

Le marché immobilier de l'Ontario est le plus faible au Canada, avec des prix moyens ayant enregistré la plus forte baisse de toutes les régions du pays l'an dernier — prolongeant la sous-performance de la province par rapport au reste du Canada observée depuis 2023, en partie attribuable à l'incertitude économique et à la faiblesse du marché du travail. Toronto a particulièrement ressenti cet impact. Seulement 62 433 maisons ont été vendues à Toronto en 2025 — le niveau le plus bas depuis 2000 — tandis que Vancouver n'a enregistré que 23 800 ventes, un chiffre inférieur même à celui de la crise financière de 2008. Il y a toutefois une lueur d'espoir : l'activité en C.-B. et en Ontario devrait progresser de plus de 8 % en 2026, ces marchés ayant le plus grand potentiel de rebond.

Québec : le grand performant

Le Québec est demeuré l'un des marchés immobiliers les plus vigoureux du Canada en février 2026. Le prix moyen a atteint 552 983 $ — en hausse de 2,8 % par rapport à janvier et de 7,3 % sur un an — tandis que le prix de référence a grimpé à un niveau record de 547 800 $, en hausse de 6,9 % par rapport à février 2025. Québec a été particulièrement remarquable. Le prix moyen dans la ville de Québec a atteint 499 628 $ en février 2026, en hausse de 11,9 % sur un an par rapport à 446 597 $ en février 2025.

Alberta : toujours solide, mais en voie de normalisation

L'Alberta demeure l'un des marchés les plus compétitifs du Canada, bien que les conditions tendent vers la normalisation. La croissance du PIB réel de Calgary devrait s'accélérer, passant de 1,8 % en 2025 à 2,6 % en 2026, ce qui en ferait la ville la plus performante économiquement au Canada, selon les prévisions du Conference Board of Canada. Un meilleur équilibre entre l'offre et la demande, conjugué à une croissance de l'emploi positive mais en ralentissement et à des gains démographiques plus modestes, devrait soutenir une croissance des prix dans les normes historiques en Alberta en 2026.

Saskatchewan : un joyau méconnu

La Saskatchewan continue d'afficher l'un des marchés immobiliers les plus dynamiques du pays, avec des prix moyens en hausse de 9 % en 2025, portés par une bonne accessibilité à la propriété et une croissance de l'emploi relativement soutenue, appuyée par une économie particulièrement robuste. L'économie de la Saskatchewan étant appelée à surpasser à nouveau celle du Canada en 2026, la croissance des prix devrait ralentir, mais demeurer solide.

Colombie-Britannique : un marché d'acheteurs pour l'instant

Les prix en Colombie-Britannique se sont légèrement raffermis en février 2026, le prix moyen progressant de 0,9 % par rapport à janvier pour atteindre 932 243 $ — bien qu'encore 2,9 % sous le niveau enregistré en février 2025. La C.-B. est restée l'un des marchés les plus favorables aux acheteurs au Canada, avec 7,8 mois d'inventaire en février 2026 — parmi les niveaux de stock les plus élevés du pays.

Canada atlantique : au-dessus de sa catégorie

La performance du marché immobilier de Terre-Neuve-et-Labrador a été remarquable, la croissance des prix dans la province ayant devancé celle du Canada par la plus grande marge depuis la crise financière mondiale. Terre-Neuve-et-Labrador a affiché une croissance des prix proche de deux chiffres pour la deuxième année consécutive, soutenue par une économie robuste et une accessibilité favorable.

Les grandes tendances qui façonnent le marché canadien en 2026

1. Une demande refoulée chez les premiers acheteurs

Les experts anticipent une libération significative de la demande refoulée chez les premiers acheteurs à l'arrivée du marché printanier en avril. Un facteur clé à surveiller en 2026 est la vitesse à laquelle les stocks pourraient s'épuiser si la demande est majoritairement portée par les premiers acheteurs, qui retirent des inscriptions du marché sans ajouter de nouvelles propriétés, accélérant ainsi la réduction des inventaires.

2. Un resserrement des stocks à l'approche du printemps

Un phénomène notable en ce début 2026 est le resserrement des inventaires presque partout au pays. Le nombre de mois d'inventaire à l'échelle nationale est passé de 4,9 en janvier 2026 à 4,3 en février 2026, avec des contractions particulièrement marquées au Québec, en Ontario, en Colombie-Britannique, en Nouvelle-Écosse et à l'Île-du-Prince-Édouard. Si cette tendance se poursuit au printemps, elle pourrait établir un plancher plus ferme sous les prix, même si les ventes restent inférieures aux niveaux de 2025.

3. Un marché locatif à deux vitesses

L'accessibilité du marché locatif devrait continuer de s'améliorer à mesure que les taux d'inoccupation élevés et la croissance plus lente des loyers persistent. Un nombre important de nouvelles unités locatives à vocation résidentielle sera livré en 2026, augmentant l'offre à un moment où la demande se contracte. La baisse des loyers demandés et la multiplication des incitatifs offerts par les propriétaires témoignent d'une concurrence accrue pour attirer les locataires — particulièrement dans les unités haut de gamme — améliorant ainsi l'accessibilité au cours des trois prochaines années.

4. La reprise de l'immobilier commercial

L'activité sur les marchés des capitaux devrait s'accélérer en 2026, une participation accrue des investisseurs institutionnels stimulant les volumes. Le sentiment à l'égard des bureaux a nettement rebondi, les taux de capitalisation ont vraisemblablement atteint leur sommet, et le marché des bureaux devrait entrer dans une phase de croissance soutenue, créant davantage d'urgence chez les occupants. Par ailleurs, des catégories d'actifs telles que le commerce de détail, le logement étudiant, l'entreposage libre-service et les propriétés industrielles font preuve de résilience et, dans bien des cas, dépassent les attentes.

5. Des vents contraires pour la nouvelle construction

Plusieurs contraintes se sont conjuguées pour freiner la construction résidentielle : des coûts de financement élevés, la flambée des prix des terrains, de la main-d'œuvre et des matériaux, ainsi que des frais de développement importants ont rendu de nombreux projets non viables. La construction de logements locatifs à vocation résidentielle a atteint des niveaux records, aidée par des incitatifs gouvernementaux, mais les mises en chantier de propriétés à la vente ont chuté à des creux inégalés depuis plusieurs décennies, les promoteurs ayant délaissé les projets de condominiums en difficulté.

Que devraient faire les acheteurs et les investisseurs en 2026 ?

Le Canada en 2026 est un marché qui récompense la patience calculée plutôt que la précipitation. Voici un cadre pratique pour s'y retrouver :

  • Premiers acheteurs en Ontario et en C.-B. : Les conditions sont parmi les plus favorables depuis des années. Un inventaire abondant, une concurrence réduite et une demande refoulée historiquement élevée constituent une réelle opportunité — surtout avant que le traditionnel regain printanier ne réduise cette fenêtre.
  • Investisseurs en quête de rendement : Les provinces des Prairies — notamment la Saskatchewan et l'Alberta — offrent des fondamentaux solides : prix d'entrée abordables, emploi robuste et faible offre sur le marché de la revente. L'économie diversifiée de Calgary et son leadership en matière de PIB en font un marché de choix.
  • Investisseurs en copropriété : Exercer la prudence à Toronto et Vancouver. La faiblesse persiste sur le marché des copropriétés, et la prochaine révision de l'ACEUM demeure une variable déterminante pour les perspectives économiques nationales.
  • Investisseurs en propriété locative : Choisir soigneusement les marchés aux contraintes d'offre marquées. Bien que les incitatifs gouvernementaux aient rendu le développement locatif à vocation résidentielle attrayant, la hausse des taux d'inoccupation dans certains centres urbains limitera la croissance des revenus locatifs tout au long de 2026.
  • Détenteurs à long terme : Les fondamentaux du Canada demeurent solides. Dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes et de volatilité mondiale, le statut de valeur refuge du Canada reste très prisé.

Avant de prendre toute décision immobilière, il est essentiel de consulter les données locales. Des outils comme les rapports de propriété gratuits disponibles sur Sekira permettent aux acheteurs et aux investisseurs d'évaluer les tendances de quartier, les ventes comparables et les conditions du marché à un niveau granulaire — bien au-delà de ce que révèlent les moyennes nationales.

La route à venir : 2027 et au-delà

En 2027, les ventes nationales de propriétés devraient progresser de 3,5 % supplémentaires pour atteindre 511 966, toujours menées par la C.-B. et l'Ontario, la plupart des autres provinces affichant une croissance à faible chiffre unique. Le prix moyen national devrait progresser de 2,3 % pour atteindre 714 991 $ en 2027 — ce qui marquerait la septième année consécutive où le prix moyen national gravitera près du seuil des 700 000 $.

Le récit structurel à long terme de l'immobilier canadien reste convaincant : un pays aux terres rares, une longue tradition de forte croissance démographique et une crédibilité économique à l'échelle du G7. Pour ceux qui font preuve de patience et de rigueur analytique face à la complexité actuelle, 2026 pourrait bien être perçue, avec le recul, comme un excellent point d'entrée.

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